Auteur/autrice : s_adm

  • reportage banque alimentaire

    Coup de froid pour la banque alimentaire

    A la banque alimentaire de Bordeaux comme toutes celles situées en France, ce sont les invendus bientôt périmés des grandes surfaces de distribution qui surviennent aux besoins des plus précaires. Cependant les dons se font de moins en moins nombreux : La Banque Alimentaire n’a plus d’argent et des gens attendent dans la faim.

    Dans cet entrepôt au toit en tôle, les camions s’affairent à la tâche. A la banque alimentaire, les 70 bénévoles sourient dans le froid glacial. Dans le réfectoire orné d’un sapin de noël bon marché, des articles sont punaisés aux murs, et Jean-Marc se réchauffe les mains sur la machine à café.

    De l’autre côté, d’autres mains s’activent, objectif : réceptionner les produits donnés, les trier puis les distribuer. Ce sont 40 000 tonnes traitées et valorisées chaque année. Ces dons viennent principalement de grandes enseignes, complétées par les petits producteurs.

    Trou dans la banque

    Ces donations, la banque alimentaire en manque. Thierry est bénévole secrétaire général de la banque alimentaire. Emmitouflé dans son bonnet a rayure et ses mitaines, il déplore le gouffre dans les caisses alimentaires. Une des causes : les manifestations des colères agricoles. Les grandes enseignes ne sont pas livrées régulièrement en raison des perturbations routières, et n’ont plus assez de stock pour approvisionner la banque alimentaire.

    Depuis les initiatives des rayons antigaspi et paniers too good to go les produits proches des dates de limite de consommation ne vont plus aux associations. La banque alimentaire est dépendante des dons des grandes enseignes, et un manquement aussi important a de grandes conséquences proches du désastre.

    La fin des haricots

    Les dons récoltés doivent suffire à fournir 1 repas par jour à 22800 personnes dans le besoin. Cependant face à ce manque important de produits mis à disposition, la banque alimentaire doit dépenser pour combler le trou. Les camions d’associations versent une commission lorsqu’ils viennent s’approvisionner à la banque alimentaire, à la hauteur de 28 centimes par kilo. Avec cet argent, la banque alimentaire complète les manques. Néanmoins, elle ne peut compléter éternellement.

    La situation est critique, entre manque d’argent et de dons. Les prix grimpent, les demandes augmentent, et les dons se font denrées rares. En somme, ce sont 22800 personnes qui dépendent de la banque alimentaire. Elles sont dans le besoin tous les jours, attendant dans le froid glacial de l’hiver.

  • Art et culture: comment le tourisme Bordelais profite aux artistes.

    Bordeaux, porte de Bourgogne. Descendre légèrement le long de la voie du tram C ou D, et apparaît sur la gauche la grande porte Cailhau. Ancienne porte défensive et arc de triomphe, l’impressionnante bâtisse de pierres cloche au sommet est classée monument historique depuis 1883. Si Bordeaux attire du fait de son héritage culturel, c’est aussi l’occasion pour les artistes de s’installer à proximité de ces lieux, pour profiter de l’attrait touristique. C’est ici que se trouve la boutique de LiaViciute, artiste peintre installée juste au pied de la porte Cailhau. 

     Le tourisme, ça marche !

    Plongé dans l’ambiance confortable de sa boutique à la devanture vert bouteille décorée d’un scooter rouge, l’intérieur aux murs jonchés de tableaux colorés aux cadres dorés attirent l’œil. Pour l’artiste Lituanienne, être située au pied de ce monument est un élément indispensable pour les affaires. “Déjà c’est très beau, et soyons honnête, chaque touriste qui passe par la porte Cailhau passe ici ! Et ça marche, c’est important !” Selon elle, la clef d’un commerce, c’est d’être installé près d’un lieu de passage. Et quoi de mieux pour cela que les infrastructures culturelles propres au flux de visiteurs ? Pour ce qui est de son activité, elle est dépendante du tourisme. En effet, sa boutique est fermée en hiver, faute de clientèle. 

    Plusieurs coups à la porte : Un livreur interrompt, un lourd colis dans les bras. Lia Viciute sourit, traînant son paquet au sol : “C’est du plâtre, qui vient de Moscou !” Cependant, c’est son frère, habitant en Biélorussie, qui fait office d’intermédiaire pour assurer la livraison. Pour cause, les envois de colis ainsi que réceptions de ceux-ci en Russie sont interdits, depuis le début de la guerre en Ukraine. Son colis de plâtre à fait bien du trajet avant d’arriver à Bordeaux, entre ses mains. 

    La culture française, l’artiste Lithuanienne s’en abreuve pour chacune de ses créations. Dans ses tableaux, elle essaie de produire une fausse ancienneté, un côté authentique et vintage à l’image des héritages culturels artistiques et historiques de la France, qu’elle admirait et enviait lorsqu’elle était petite. Sa boutique : “l’époque”, porte de son nom ce bagage culturel. Ce côté ancien français plaît aux touristes, charmé par l’univers vintage aussi décalé qu’ironique de ses peintures.  

        …mais ça ne suffit pas

    Même si Lia Viciute profite de la vente issue du tourisme amené par le monument de culture bordelaise, cela n’est pas suffisant pour vivre à Bordeaux. A côté, l’artiste assure des cours en classes préparatoires post-bac, et donne des leçons de dessin académique, dans sa propre école, “old art school”, établissement recommandé par le petit futé 2024.  

    Pour l’instant l’artiste ne connaît pas de chutes notables de ventes dues aux activités touristiques. Même si le tourisme ne semble pas être en baisse ces années, “c’est difficile, souvent ça ne suffit pas. Il faut savoir que les artistes mangent aussi !”  

    Au coin de la pièce, les deux chihuahuas endormis dans un panier en osier se réveillent, au moment où de curieux passants jettent un coup d’œil à la vitrine. Après avoir franchi la porte vitrée, L. replace son scooter rouge et soupire : “Les touristes prennent des photos assis sur mon scooter sans demander, en été il y a même la queue !” Si la porte Cailhau et son histoire culturelle génèrent grand nombre de photos souvenirs, il semblerait également que le scooter de l’artiste ait son quota de clichés… 

  • Martin Sorenza

    Je suis étudiant en première année de journalisme à l’EFJ ! (école du nouveau journalisme) et ceci est mon blog où je posterais mes travaux faits en cours et autres !

    J’ai pour centres d’interet le sport automobile, plus spécialement la Formule 1, ainsi que le patinage artistique et l’escrime.

    Photo prise de podium des 24h du Mans 2024 (Sorenza Martin)