Auteur/autrice : s_adm

  • Aramco devient sponsor principal d’Aston Martin pour 2024. 

    La compagnie petroliere saoudienne Saudi aramco présente depuis 2022 en tant que sponsor secondaire Aston Martin, annonce ce jeudi 14 decembre devenir le sponsor principal de cette derniere, pour de la saison 2024.

    Un partenariat au pied du podium 

    Aramco succède à Cognizant, multinationale americaine ayant pour spécialisation le service informatique et technologique. La compagnie saourdienne devient alors le sponsor partenaire de titre principale de l’écurie, de son nom complet alors «aston martin aramco formula one team». 

     Ce prolongement se produit à la suite de contributions jugées alors réussies, de bonnes relations au sein de l’équipe et une saison performante. En effet des progrès significatifs se sont fait sentir, notamment en début de saison 2023, où le double champion du monde Fernando Alonso obtient 8 podiums, lui valant la 4eme place au championnat des pilotes cette même saison. Aramco et Aston Martin déclarent partager les mêmes ambitions pour le futur, et son positif sur ce que leur réserve ce prolongement jusqu’en 2028.  

    Aramco: developpement…durable? 

    Les maîtres-mots et principaux objectifs de cette collaboration réside en plusieurs initiatives clefs, comme le développement avancé au niveau du carburant et liquides de lubrification 100% durables, pour la prochaine réglementation technique de 2026. Dans ce futur, Aston Martin s’alignera à Honda pour la motorisation et les unités de puissances. L’avenir de l’équipe se voit alors prometteur avec cet allongement à long terme teinté d’expertise et de contribuables à des performances avancées au niveau des voitures.  

    Le président exécutif de l’équipe Aston Martin F1 déclare «être très fier de poursuivre et de renforcer leur partenariat fructueux avec Aramco». Les deux entités travailleront alors sur des initiatives conjointes en matière de science, technologies, ingénieries et mathématiques pour inspirer les jeunes techniciens , ingénieurs et pilotes du futur. 

    écrit le 14/12/23. 

  • Dopage à la trimétazidine, pourquoi l’utiliser ?  

    En 2022, la patineuse olympique Kamila Valieva, alors âgée de 15 ans, est testée positive à la trimétazidine, lors de test anti-dopage, pour une dose de deux nanogrammes par mililitres. Les résultats tombent alors entre l’épreuve du court et celle du libre, lors des jeux olympiques d’hivers de 2022 à Beijing. Mais alors, qu’est-ce que la Trimétazidine, et quels sont ses effets ? 

    Selon l’Agence Médicale Européenne (EMA), la trimétazidine est un médicament utilisé en cas d’angine de poitrine, douleurs de mâchoire et du dos provoquées par l’effort physique, dû à la réduction du flux sanguin vers le cœur. Originellement la trimétazindine a un effet sur le métabolisme, et traite des soucis vasculaires et cardiaques. L’EMA indique également son utilisation pour traiter les vertiges, les acouphènes et les problèmes de réduction de la vision, en raison de problèmes affectant les vaisseaux sanguins.  

     Il est facilement disponible dans les médicaments en Europe depuis les années 1970 et est commercialisé sous la marque Vastarel.  

    “Cela augmenterait potentiellement son endurance.” 

    La trimétazidine n’est pas reconnue comme drogue dopante, mais elle figure sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014 : le médicament est inscrit comme « modulateur métabolique » et son utilisation par les athlètes est interdite, tant en compétition qu’à l’extérieur.  

     Bien qu’il n’augmente pas la fréquence cardiaque, contrairement à d’autres médicaments améliorant les performances qui sont classés comme stimulants, il est estimé qu’a dose significative, la trimetazidine peut améliorer l’endurance dans l’activité physique.  

     Selon Dre Elizabeth Murray, médecin pédiatrique urgentiste au centre médical de l’université de Rochester, Ce médicament permettrait au cœur de travailler plus efficacement, mais il n’aurait pas d’impact significatifs sur la tension artérielle ou bien la fréquence cardiaque. Elle déclare à ce sujet : « Un athlète ne se sentirait pas nécessairement si différent, mais il serait théoriquement capable de performer à un niveau plus élevé pendant plus longtemps. Cela augmenterait potentiellement leur endurance. » 

    « Il est clair que quelqu’un lui a appris à utiliser ces substances” 

    Auparavant, le cas le plus connu impliquant ce médicament était lorsque le nageur chinois Sun Yang a reçu une suspension de trois mois en 2014 après avoir été testé positif à la trimetazidine.   

    Selon Dre Murray, la trimetazidine ne serait normalement pas administrée à des enfants comme Valieva « sauf s’il y a une très bonne raison ». 

    Il a été aditionellement déclaré qu’il a été détéctée dans l’échantillion de Valieva deux autres subtances médicamnteuse autorisées, qui elles, améliorent le flux cardiaque. Selon Travis Tygar, direncteur général de l’Agence américaine antidopage, cette afffaire soulève « toute une série de signaux d’alarme qui doivent absolument être étudiés »,Il ajoute: « Il est clair que quelqu’un lui a appris ou l’a coachée, l’a dirigée, à utiliser ces substances, et que quelqu’un dépense de l’argent pour celles-ci. Et vous ne faites ça que pour qu’avec une jeune de 15 ans pour essayer d’améliorer sa performance.» 

    Pour finir, il déclare que « Le déni, est la monnaie commune du coupable et de l’innocent.” Pour lui, c’est précisément pour cette raison que le contexte et les faits qui sont révélés sont plus qu’importants. 

  • Le scandale Valieva.

    Le monde du patinage artistique connait une controverse en 2022 lors des jeux olympiques d’hiver de Beijing. La jeune patineuse russe de 15 ans Kamilia Valieva est déclarée testée positive à la trimétazidine. Si l’affaire traine depuis 2022, elle arrive à un tournant en 2024, lors de la déliberation du Tribunal Arbitral de sport. 

    Valieva réalise le 7 fevrier 2022 une performance remarquable à Beijing, aidant le Comité Olympique Russe (ROC ) à décrocher la médaille d’or lors de l’épreuve de patinage artistique par équipe. Cependant, avant que la cérémonie de remise des médailles ne puisse avoir lieu, l’Agence internationale de contrôle antidopage annonce déclarer l’échantillon de Valieva positif à la trimetazidine, pour une dose de 2 nanogrammes par mililitres. Ce médicament touche les problèmes cardiaques, et est interdit depuis 2014, puisqu’il peut améliorer l’endurance des athletes. 

     Initialement, l’Agence antidopage russe a imposé une suspension provisoire à Valieva. Cependant, elle a été rapidement levée, et permet ainsi à la patineuse de continuer à concourir. La Cour d’arbitrage a déclaré qu’elle pouvait concourir lors de l’épreuve individuelle féminine, de par son statut de « personne protégée » en raison de son âge, 15 ans au moment des faits. Toutefois, il est décidé qu’aucune cérémonie ne se tiendrait avant la fin de l’enquête si elle obtenait une médaille. 

    Valieva et son équipe juridique affirment une ingestion involontaire de la trimétazidine contenue dans les médicaments de son grand-père, cardiaque. 

    Les consequences 

    Par la suite, nouveauté dans l’affaire ; en janvier 2024, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a jugé une infraction de dopage et impose à Valieva une interdiction de compétition sur quatre ans depuis la date du test, en décembre 2021, jusqu’à donc décembre 2025. Tous les prix remportés depuis cette première date lui sont également retirés. 

     Concernant les épreuves de groupe, le Comité international olympique (CIO) a officiellement retiré à la Russie sa médaille d’or lors de l’épreuve par équipes. Les États-Unis se sont vu attribuer l’or, le Japon a remporté l’argent et la Russie a été rétrogradée au bronze. 

  • soutenance de lecture « l’empire de l’or rouge »

    ’ouvrage présenté est “L’empire de l’or rouge”, une enquête de Jean Baptiste Mallet, qui est un journaliste français. Il publie des articles depuis 2007 après avoir obtenu une licence en lettres. En 2011, il publie son premier livre “derrière les lignes du front” qui est un reportage dans le milieu politique de l’extrême droite. Dans ses ouvrages marquants, on peut également relever une enquête d’infiltration dans la méga entreprise Amazon, portant sur les conditions de travail de la multinationale.  

    Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est son livre “L’empire de l’or rouge” sorti en 2017 est nommé prix Albert Londres en 2018, qui est une récompense d’excellence dans le journaliste et considéré très prestigieux. 

    Pour ce qui s’agit de la couverture, Une conserve de concentré de tomate. Rien de surprenant, nous en avons presque tous dans nos placards. Quant à l’étiquette, une tomate sur un fond rouge, blanc et vert. Surement le drapeau italien. Tournons le livre, et nous pouvons lire “Que contiennent les pizzas, le concentré ou le ketchup ? Des tomates d’industrie. Transformées et conditionnées, elles circulent d’un continent à l’autre. Toute l’humanité en consomme, pourtant personne n’en a vue.” 

    ( image tomate d’industrie chinoise) 

    Personne n’en a vu. Ça, c’est une tomate d’industrie. Presque un pavé, elle contient moins d’eau qu’une tomate classique. Elle est bien plus lourde, très dure et sa peau est épaisse Elle peut être entassée dans un conteneur et ne jamais être écrasée, c’est une tomate de combat. Cette tomate est chinoise, elle est génétiquement modifiée et elle est utilisée pour tous nos plats ou préparations contenant de la tomate, ou bien dans cette fameuse conserve de concentré.  

    Statistiquement, il y a 1 chance sur 4 de trouver une bouteille de ketchup Heinz dans le frigo d’un ménage français.  

    Heinz est l’entreprise multinationale la plus grosse acheteuse de tomates de toute l’industrie agroalimentaire. Leurs productions nécessitent chaque année 450 000 tonnes de concentré de tomates soit 2 millions de tonnes de tomate récoltées. Heinz engloutit à elle seule plus de 5% de la production annuelle mondiale de tomates d’industrie.

    Heinz compagnie est la 5ème plus grande compagnie mondiale de l’agro-alimentaire mondiale avec plus de 28 milliards de chiffre d’affaires. 

    Le ketchup Heinz est le symbole de l’américanisation, tout comme la canette de coca cola. 

    En créant Heinz en 1869, Henry Heinz qui a été l’un des 10 hommes les plus riches des États unis, invente au 19eme siècle une mondialisation à base de tomates. Le ketchup Heinz, c’est une figure incontournable du capitalisme industriel. Et la marque de ketchup la plus vendu au monde

    Le concentré de tomate est le produit industriel le plus accessible de l’ère capitaliste. Les hommes d’affaires se livrent pour elle une guerre économique impitoyable. Selon le conseil mondial de la tomate d’industrie, le chiffre d’affaires annuel de la tomate est de 10 milliards de dollars

    Côté provenance de concentré, Heinz, tout comme Nestlé, se fournit principalement chez Cofco Thune, qui est la plus grande compagnie de transformation de tomate en Chine. Pour Cofco Thune aujourd’hui, chaque sac de 25 kg de tomates sera payé 30 ct d’euros pour la main d’œuvre, soit un peu plus d’un centime le kilo de tomates ramassé manuellement. 

    La Chine est le pays qui produit et transforme le plus de tomates, du nombre de . 31,8% des tomates industrielles y sont produites puis transformées dans des gros barils, et exportées à travers le globe. 

    En 2016 selon le magazine Tomato News, La production mondiale de tomates destinée à la transformation industrielle s’est élevée à 38 millions de tonnes 

    (Slide carte du début du livre)

    Ses destinations? l’Italie, les Etats Unis, et le continent africain. 

    Pourquoi principalement en Italie?

    Reprenons cette couverture. Plus précisément, cette conserve au drapeau italien. l’Italie, pays du soleil, et de la tomate. De la tomate? Oui, le concentré de tomate italien, celui qui est majoritairement…importé de Chine

    Dans des champs de tomates d’industrie en chine, les employés, principalement immigrés, ramassent le fruit rouge dans des conditions déplorables pour donc, 1 centime le kilo. Par la suite, les tomates sont acheminées vers une usine de transformation, chinoise également. Elles sont triées, lavées, pelées et réduites, en triple concentré majoritairement, puisque ces usines répondent à la demande de ses clients. Après ajout d’eau, la mixture concentrée rouge est versée dans des barils ou des poches aseptisées, et c’est là que leur long périple commence.

    Ces conteneurs voyagent une première fois, majoritairement aux Etats-Unis d’amériques et en Italie. Sur les 1,6 million de tonnes de tomates en conserves échangées en 2015, l’Italie a réalisé 77% des exportations mondiales.

     Une fois arrivé dans les conserveries italiennes, le concentré est supposément versé dans une conserve ou une brique, elle repart, et là s’achève la fin de l’aventure de la tomate. Fin.

    Enfin ça, c’est avant que Jean Baptiste Mallet décide de se faufiler à travers des rideaux en Chine malgré l’interdiction. Au début de la chaîne de production, il voit quelques employés, et une grande cuve. Dans cette grande cuve, du concentré de tomate. Les employés rajoutent de l’eau dans la cuve. Puis, des sachets de poudres blanche, sans étiquette. Après, ce sont des sachets d’amidon qui sont versés, et vient le tour de la poudre de soja. Et la touche finale, un bidon, contenant un liquide visqueux orange: du colorant. Le point commun entre ces ingrédients? Ils sont moins chers que la tomate elle-même.

    Désormais, dans ma boite de concentré de tomate made in italie, il n’y a que 31% de concentré de tomates.  Le reste, les 69% restants, sont des additifs.

    Ma conserve italienne est chinoise, et 69% de la boîte de concentré de tomate n’est pas du concentré de tomate. 

    “C’est un scandale” dit Jean-Baptiste Malet. C’est un scandale, mais jamais cela n’a été sujet d’investigation. Les autorités chinoises le savent, mais elles s’en moquent. Au contraire, cela sert à la compétitivité des conserveries. Les italiens aussi le savent très bien, puisque c’est eux qui décident de mettre le plus d’additif possible, puisque c’est moins cher. 

    Et c’est une boucle sans fin: appâté par le gain, si une conserverie ne met de 40% de concentré, une autre n’en mettra que 38. Et encore et encore et encore. 

    Maintenant, le marché est pourri de l’intérieur, de façon irréparable.

    Niveau santé, il est raisonnable de penser qu’il n’est pas bon d’ingérer ces choses.

    selon Pasquale Petti, le dirigeant du distributeur de concentré Petti “Ce que veut la grande distribution, c’est un produit le moins cher possible, qui ressemble à de la sauce tomate et qui ne tue pas les gens après qu’ils l’ait mangé”

    Le concentré une fois arrivé dans les ports, n’est que très rarement contrôlé, car considéré peu dangereux. Après tout, ce ne sont que des tomates. Cependant quand il l’est et ne correspond pas aux normes d’hygiène, il est renvoyé en Chine.

    C’est du concentré pourri. Ce concentré, il s’apelle “black ink” tant il s’est oxydé, il n’est plus rouge mais il est noir. Ce concentré pourri une fois en Chine, n’est pas jeté. Non, il est retravaillé avec encore plus d’eau, encore plus d’additif, encore plus de colorant, et il est remis dans un bidon et repart en Afrique. 

    Du pourri aux additifs. Voici ce que mangent les êtres humains.

    Et ça monsieur Petti le fait aussi. Petti fait produire en chine du semi-travaillé , l’importe en italie, le travaille et l’exporte en Afrique.

    (yuka si jtrouve)

    Des importateurs de triple concentré de tomates jouent sur la labellisation du produit pour ne pas payer de frais de droit de douanes. En 2015 selon les douanes italiennes, ce sont 90 000 tonnes de triple concentré qui sont passés de cette manière.  

    Pour ce triple concentré chinois, il est alors retravaillé en le diluant dans de l’eau. Il est dit “produite en italie” mais en vérité, la législation européenne n’impose pas la mention de la provenance réelle du concentré, il est alors indiqué Italien.  

    Les étiquettes sont mensongères, ou plutôt, dissimulent la vérité. Le made in italy est un mythe. 

    Selon le classement 2016 de l’ONG transparency International, l’Italie est le deuxième pays le plus corrompu d’Europe. 

    Avant-hier, j’ai ouvert le placard de ma grand-mère et j’ai minutieusement observé les produits contenant de la tomate. Dans le lot, un pot de sauce tomate, parfait. Sur l’étiquette il était marqué: fait à partir de concentré d’espagne, portugal et italie. 

    Dans ce cas, la magouille est vicieuse: il s’agit de ce même concentré chinois exporté dans ces trois pays. Ce concentré à été renvoyé, puis ont été mélangés. Dans le lot, probablement un des trois était pourri, un autre médiocre, et l’autre décent. Ils ont étés mélangés avec des additifs supplémentaires, et on le retrouve plus tard sur un étalage de grande surface. 

    voici ce que nous mettons tous dans notre riz, dans nos pâtes.

    En Italie, la criminalité agroalimentaire est telle que les institutions parlent d’agro-mafia. En 2011 selon la direction nationale antimafia, le chiffre d’affaires de ces activités mafieuses est estimé à 12,5 milliards d’euros. Pour comparaison, Danone avait réalisé un chiffre de 21,14 milliards d’euros. 

    Pour ces mafias, une fausse étiquette de boite de tomate ou d’huile d’olive peut rapporter autant qu’un trafic de cocaïne, la distinction est que s’ ils se font prendre, ils perdront beaucoup moins. 

    En 2005 la police douanière Italienne découvre dans un dépôt de conserves du groupe Giaguaro 500 tonnes de marchandise dont les boîtes n’avaient pas de dates de péremption ni d’étiquettes, Giaguaro à été acquitté après avoir simplement déclaré qu’il s’agissait d’un stock destiné à la destruction. 

    Une citation choquante de Jean-Baptiste Mallet m’a marqué: “Ces boîtes sont des métaphores du capitalisme. Dans la tomate d’industrie, des monopoles se sont constitués, mais c’est bien la même boîte contenant le même concentré qui sera consommé dans le monde entier. La variété de l’habillage maintient vivante l’illusion du choix. Tel est le capitalisme: en apparence il tient la promesse de “diversité” de “concurrence” de “liberté” pour le consommateur, mais dans les faits, il ne sert que les intérêts particuliers” 

    Pourquoi et comment Jean-Baptiste Mallet à eu ce déclic de s’intéresser à la tomate d’industrie, alors que personne avant lui ne s’y était collé? Personne, avant Jean-Baptiste Mallet, ne s’était questionné sur la tomate, celle que l’on ingère pratiquement quotidiennement, celle que nous ne soupçonnions pas.

    A l’origine, le journaliste voulait faire un reportage sur les modes de production de conserve, grande invention française. Il pensait alors à une conserverie qu’il avait connu: le cabanon. Le cabanon était la première usine de sauce tomate française produisant un quart de la consommation française. Mais ça, c’était avant que cofco thune ne la rachète en 2004, pour s’implanter en France.

    Dans le monde entier, les usines de transformation de tomates au niveau nationale ferment car pas assez compétitives pour lutter face à la voracité des multinationales présentes sur la totalité du globe, a un prix très faible. 

    De fil en aiguille, Jean-Baptiste Malet s’est retrouvé à visiter des usines les unes àpres les autres, à écarter des rideaux camouflés pour découvrir des fraudes, à mettre sa main dans des sachets de concentré pourri et noir, puis voir ce sachet noyé sous les poudres blanches et teinté en rouge, puis mis en boite. 

    Il s’est rendu dans des salons d’usines, et à mentir avec aplomb pour découvrir ce qui se tait. Il a serré la main des plus grands, la main qui à empoisonné, intoxiqué et tué des centaines de nourrissons et adultes à coup d’additif et de produits pourris, par appât du gain et par voracité d’avoir encore plus.

    “L’empire de l’or rouge”, ce livre d’enquête s’est fait censuré en italie, et à été retiré de la vente, après un accord secret dont le groupe Giaguaro à été l’auteur. Jean baptiste malet s’est exprimé sur cette censure: 

    “Giaguaro, importateur majeur de concentré chinois, a déposé une plainte en Italie il y a quelques mois. L’entreprise, qui approvisionnait Carrefour à la parution de mon livre en mai 2017, me reprochait de nuire à son image en France et de lui avoir causé une baisse de ses exportations de plusieurs millions d’euros. La seule faille trouvée dans mon texte justifiant la poursuite : ne pas avoir précisé que la société avait été innocentée à la suite d’une perquisition spectaculaire évoquée dans le livre – la saisie par les carabiniers de 1500 barils de concentré chinois pourri grouillant de larves et de vers.”

    Les avocats du groupe auraient proposé au journaliste un contrat pour qu’il modifie ce passage de son enquête. Il s’agit clairement d’une tentative d’intimidation, que les journalistes italien subissent au quotidien.

    L’empire de l’or rouge, c’est une histoire de capitalisme et de mondialisation. C’est l’histoire de la tomate de combat, celle qui frappe le monde entier, et qui n’épargne personne. Toute l’humanité la consomme, mais peu la connaissent. 

  • Art et IA: “Il ne faut pas remplacer les gens, voilà, je déteste ça!”

    Au moment où les performances des intelligences artificielles génératrices font débat sur la sphère publique, il est temps d’interroger les artistes sur ce sujet qui monte à la tête. Lia Viciute est une artiste lituanienne installée à Bordeaux, où elle y vend ses créations, dans sa boutique. Pour Lia et l’IA, essayer ce n’est pas adopter.

    Quel est ton opinion sur les IA génératrices en tant qu’artiste?

    Je trouve que c’est dangereux. C’est bien dommage, parce que l’IA vole et utilise notre travail. Chaque artiste à son style bien défini, nous avons travaillé des années pour le créer. Par exemple, ça peut être des techniques super compliquées en peinture, et l’IA vole tout ça, puis fait en 5 Min ce qu’on a pris des années à faire. Tout ça dévalorise beaucoup le travail d’artiste!

    En parlant de vol de travail, penses-tu que ça amène des soucis pour l’emploi des artistes?

    Pour ma génération ça va. Ça n’est pas un problème pour moi. Je gagne ma vie en tant qu’artiste depuis 20 ans, je peux continuer ma route, je suis bien installée. Mais pour la nouvelle génération de bébé artistes, pour designer et créer des choses, je pense que oui. L’IA impactera sur le nombre de postes que les futurs artistes pourront avoir.

    En parlant des “bébés artistes”, comment imagines-tu leur futur dans un monde du travail possiblement influencé par ces IA?

    Je crains pour les bébés artistes. Parce que moi je me mets encore…32 ans, qu’il me reste à travailler. Ça veut dire que je peux vivre ma vie comme ça, sans soucis.

    Mais si j’étais bébé artiste dans ce temps-là, si je veux créer ma vie? Pour un bébé artiste, il faut 40 ans de travail devant soi. Il faut réfléchir: demain est ce que ça va marcher ? Est-ce que ça va disparaître ou pas ? Je ne sais pas. Mais il y a des métiers qui meurent. Quand je faisais mes études à Minsk, les designers étaient obligés de savoir écrire des jolies lettres à la main. Là, ça à disparu. Nous avons perdu ce métier.

    Les IA pourraient-elles remplacer les artistes dans les entreprises qui ont besoin d’art?

    Les entreprises préfèrent utiliser des images créées par IA. J’ai vu des Théâtres ici à Bordeaux qui font des affiches avec l’IA. Les Théâtres, ce sont tout de même quelque chose, au niveau culturel et artistique. Ils peuvent engager un ou une jeune artiste par exemple, s’ ils ne veulent pas payer beaucoup! Ils ont de l’argent, et ils travaillent déjà avec des artistes. Ils pourraient engager. Ce n’est pas honnête. Ce n’est pas propre! Il ne faut pas remplacer les gens. Voilà je déteste ça!

    Est-ce que tes clients sont plus méfiants au moment d’acheter un de tes tableaux par rapport à avant la montée de l’IA?

    Non rien du tout, rien de nouveau. Mais une seule fois quelqu’un m’a dit, “Oh, c’est fou de faire ça en peinture. On dirait presque de l’IA”. Non, non, non. Mais c’était juste une seule fois. Avant, les jeunes pensaient que c’était du Photoshop. C’est ça qui me blessait beaucoup en fait. C’est pour ça que maintenant j’ai marqué partout: peinture, peinture, peinture, peinture. Il y a au moins une dizaine d’écriteau peintures. Là maintenant ils ne peuvent pas me dire que c’est du Photoshop, mais maintenant ils peuvent penser les mêmes choses pour l’IA par exemple, c’est ce qui est dommage. Mais ça va pour moi, ça va.

    Maintenant c’est plus facile pour le grand public d’utiliser l’IA pour avoir quelque chose à son goût?

    Oui, et puis il suffit d’avoir une petite imprimante chez soi et ça fait un tableau. Par exemple, même mon mari peut taper sur son clavier “logo, pierres, feuille, trèfle de feu” par exemple, puis ajouter “propose moi 10 ou 100 exemples avec des styles différents” et hop il choisit et met en photo de profil pour Facebook. Il fait ça, alors que moi je peux faire ça pour lui. Mais là c’est pas moi, c’est pas moi du tout.

    As-tu une dernière pensée à exprimer?

    L’IA c’est plus là pour ceux qui ne savent pas dessiner, qui veulent un truc rapide et qui ont une idée très claire. Et voilà, gratuit. Ils n’ont pas à aller voir quelqu’un et payer pour faire quelque chose alors qu’ils peuvent l’avoir avec leur téléphone. Mais là je comprends, mais par exemple des entreprises qui veulent pas engager quelqu’un… Pour ce qui est de la vente, les gens préfèrent toujours acheter en vrai parce que je suis présente, je suis dans la boutique en présentiel. Mais si c’était ailleurs, si je voulais, par exemple, vendre mes créations, mes illustrations, ça servirait à quoi sur Internet ? Qui va acheter ? Personne je pense…

  • Kimi Räikkönen: Le maître-onome

     

    Si Kimi Räikkönen se démarque par son mépris mêlé de nonchalance pour la presse, sa conduite n’en est pas moins incisive et tranchante. “Iceman” s’est rapidement imposé en Formule 1 comme l’un des grands de son sport. Entre coups d’éclat et poisse : sa longévité mêlée à son titre auront marqué l’histoire.

    Brésil 2006. Le dernier grand prix du Baron Rouge, Michael Schumacher, est honoré par la légende du foot Pelé lors d’une présentation spéciale. Martin Brundle, ancien pilote et commentateur, part voir Kimi en lui disant qu’il a tout raté. Le rire dans la voix, le finlandais rétorque sans sourciller « Ouais j’étais en train de chier. ». Une poésie qui le caractérise particulièrement.

    Un finlandais peut en cacher un autre

    Räikkönen obtient son premier baquet chez Sauber en 2001, deux ans après ses débuts en monoplace en Formule Renault, signant 11 victoires en 14 courses. A cette époque, rares sont les jeunes pilotes promus en F1 : lui et Fernando Alonso bousculent tout à 21 et 19 ans.

    Le finlandais obtient une Super Licence temporaire pour son premier grand prix, la FIA sceptique face à son manque d’expérience.

    Une 6ème place et son premier point plus tard, elle devient permanente. Une première saison réussie fait que, pour 2002, McLaren voit en lui le parfait remplaçant de son camarade finlandais Mika Häkkinen, double champion du monde et grand rival du Kaizer.

    Rien que ça.

    Le succès oui, mais en mode difficile

    Sa carrière fait un bond inattendu. S’il perpétue à merveille les coups de pression de son prédécesseur sur Michael Schumacher, il finira deux fois vice champion du monde.

    Ses 5 saisons passées chez McLaren sont frustrantes: des performances impressionnantes, marquées par des voitures peu fiables.

    La saison 2003 se veut médiocre pour McLaren : la nouvelle MP4-18 sera abandonnée. Il reprend le baquet de la vieillissante MP4-17B.

    Il tente de sauver les meubles… pourtant c’est la saison de la révélation. Une régularité exceptionnelle mais une casse moteur au Nürburgring lui coûte le titre. Il finit second, à deux points d’un Schumi record.

    2005. Folie au Japon: remonter de la 17ème à la 1ère place ne rattrapera pas une voiture capricieuse.

    Fernando Alonso est titré devant Iceman, lui-même loin devant un Baron Rouge qui bât de l’aile.

    2007, remplaçant le Kaiser il remporte à la surprise générale, le titre ultime dans un final époustouflant, devançant les pilotes McLaren Lewis Hamilton et Fernando Alonso d’un petit point. Ce titre reste à ce jour l’un des plus serrés de l’histoire et la dernière couronne pilote du Cheval Cabré.

    ”On dit qu’il est froid mais lorsqu’il a gagné le championnat, je l’ai vu pleurer.” Raconte Andrea Stella.

    Juste un type détendu

    Il fera une pause de 2 ans, direction le WRC avec Citroën mais toujours dans son style. Celui-ci voulait un iPad dans sa voiture sur les routes de liaison pour regarder des séries. Son passage fut un échec. 

    Il fit son retour en F1 avec Lotus en 2012 avec un système unique : 8 millions d’euros fixes par an puis un bonus de 50 000 euros PAR point marqué. 

    2 ans, 390 points, 36 millions d’euros et une quasi faillite de Lotus plus tard, il retourne chez les rouges en 2014.

    349 Grand Prix plus tard, il trône à la troisième place des pilotes à la plus grande longévité. Il aura marqué de son empreinte la F1, même si ses stats ne rendent pas hommage à son talent.

  • faut-il arreter de manger de la viande?

    Interrogés à l’EFJ, école du nouveau journalisme le 23 janvier 2025, Sorenza M défenseur du véganisme et Mme L responsable de la filière bovine ont débattus face à la question suivante : “faut-il arrêter de manger de la viande”

    SM rappelle que l’animal est un être sensible, tout comme l’être humain : en conséquent il ne devrait pas être considéré comme de la nourriture. Mme L rétorque que consommer de la viande a toujours fait partie de la nature et de l’histoire humaine. Elle réitère le rôle de la chaine alimentaire : la nature s’adapte à la consommation humaine.

    Selon SM, l’élevage intensif est un facteur coupable de la pollution et du réchauffement climatique. Il rappelle que les élevages polluent l’eau utilisée et redistribuée. Mme L n’est pas en accord, certains élevages sont éco responsable et bio. Dans ces mêmes élevages, les animaux produisent l’engrais qui sert à la fertilité des terrains. Il n’y aurait donc pas de pollution par engrais chimiques.

    SM amène le sujet de la santé : Les êtres humains peuvent se nourrir exclusivement de végétaux à tout âge. Des études démontrent que le régime végétarien apporte des bénéfices sur le long terme, tandis que la surconsommation de viande peut mener à des problèmes médicaux, du vasculaire au cancer. Mme L rétorque que ces études sont faites aux Etats-Unis et en Chine, des pays où les conditions alimentaires sont médiocres. Elle n’estime pas que la consommation de végétaux améliore la santé : “quelle est leur responsabilité dans la bonne santé ? Ce qui importe c’est le régime alimentaire et l’équilibre de vie”

    SM estime que les animaux devraient redevenir sauvages. Ce à quoi Mme L retorque que cela fait longtemps que les animaux et l’Homme sont dépendants les uns des autres. Il lui répond que ce n’est pas dans la nature de l’animal d’être domestiqué.

    Pour SM, se pencher sur les options végétariennes reste le meilleur moyen “d’échapper à la surconsommation industrielle”. Cependant pour Mme L, ne pas consommer de viande reviendrait à être dépendant des firmes multinationales. Elle ne croit pas aux alternatives comme les steaks ou saucisses végétales, “je préfère manger un steak de vache qu’un steak de labo”.

  • “Tout est faux”. Elle nie en bloc avoir rayé la voiture de sa voisine.

    Au tribunal de Tarbes, une dame âgée est reçue en audience. Les délits reprochés à la prévenue : avoir rayé la carrosserie et tordu les essuie-glaces de la voiture de sa voisina. Mme la prévenue sera nommée Yvonne, et la victime Claudine.

    Yvonne a 80 ans et vit seule. Selon Mme le président, elle ne présente aucun antécédent judiciaire. Après avoir fait la sourde oreille, la prévenue se place devant le bureau de Mme le président, qui déclare par la suite : “Les faits sont pas jolis jolis quand même”.

    Le 29 septembre 2011 à 21h00, Mme Yvonne est aperçue selon 3 témoins dont Mme Claudine, en train de rayer aux clefs la carrosserie de sa voiture, aux essuie-glaces cassés. Yvonne nie. Selon elle, elle à seulement soulevé les essuis-glasses, car la voiture la gênait pour passer. Selon le constat des policier, la voiture de Mme Claudine était bien stationnée. Ils ont trouvé l’automobile rayée aux clefs, et les essuie-glaces cassés. De plus, Yvonne a été vue clefs à la main en train de faire des rayures avec ses clefs de voiture.

    Yvonne nie toujours. Sa défense ? Elle dit être allée à l’enseigne Lidl, avec ses deux chiens en laisse. Elle ne pouvait bien sûr pas avoir rayé la voiture, car “Je ne peux pas avoir mes clefs à la main avec les deux laisses.” Mme claudine témoigne. Elle rentre chez elle et gare sa voiture. Mme Yvonne passe dans la rue, avec ses chiens. La prévenue aurait dit au fils de Claudine que la voiture est mal stationnée, ce qui est convenu faux. De jeunes lycéens habitant le quartier viennent par la suite avertir Claudine qu’Yvonne est en train de rayer la voiture. Claudine sort, et voit la prévenue en action. La victime demande 300 euros de préjudice moral en plus des 225 euros de franchise et les 135 euros pour perte d’une journée de chiffre d’affaires, comme conseillé par le service d’aide aux victimes.

    Yvonne nie. Elle avance toujours qu’elle ne pouvait pas être en train de rayer la voiture, puisqu’elle était partie avec ses chiens à Lidl.

    Mr le procureur de la république se lève et prend parole : “Oui madame le président vous avez parfaitement fait le tour, pas de la voiture mais de l’affaire”. Remarque suscitant un sourire. Apres discussion il convient d’une amende de 800 euros pour la prévenue.

    C’est maintenant au tour de l’avocate de Mme Yvonne de prendre parole afin de plaider sa cause. Elle estime que la prévenue de 80 ans ne peut payer l’amende de 800 euros et les intérêts, considérant sa retraite de 600 euros. Elle dénonce un abus de situation.

    Mme le président demande à Mme la prévenue si elle a un dernier mot à ajouter. Cette dernière rigole et dit que tout est faux, elle n’a touché qu’aux essuis glaces.

    Le tribunal déclare Mme Yvonne coupable. Elle doit verser 225 euros de dommages matériels et 250 euros de dommages et intérêts à Mme Claudine. Quant à l’amende de 800 euros, elle est de sursit.

  • La place d’Homberg se met au vert.

    Le conseil municipal de Thouaré sur Loire de ce lundi amené des précisions sur le projet d’aménagement écologique du square de Homberg. Le projet est amené par Dominique Mansueto, représentant de la délégation écologie de la mairie.

    A l’angle de la rue de Carquefou et de Homberg se situe une grande esplanade de pelouse, vide. Ce square, Mr Mansueto le décrit comme dénué d’intérêt et abandonné par le Toiriens, il souhaite arranger cela et en faire un espace de vie commune entre habitants de la ville. Le projet : aménager ce terrain vide, qui est pourtant un lieu stratégique propice aux échanges et rencontres entre les habitants de Thouaré sur Loire, puisque situé au croisement entre la maison des jeunes, l’école Paul fort, et la résidence séniore.

    La délégation écologie de la mairie a pour projet de végétaliser la place en commençant par planter des arbres et différents espaces de verdure, afin d’isoler le lieu de l’impact sur le trafic routier et les rues.

    Mr Mansueto souhaite créer un bassin naturel en utilisant les caractéristiques humides du terrain. Le bassin récolterait l’eau afin de désengorger le reste du site tout en créant un espace de biodiversité.

    Ce projet est avant tout une initiative locale pour créer du lien. Du mobilier urbain sera installé : des tables dotées de jeux intégrés amovibles comme des plateaux d’échecs, relié par des chemins adaptés pour les personnes à mobilité réduites. Des poubelles de tri sélectif sera également installées, et des bancs de recharges pour téléphones et appareils électroniques seront mis à disposition.

    Mais ces travaux ne sont pas nouveaux : la volonté est de continuer un projet déjà lancé depuis fin 2024, celui de poursuivre un maillage d’espace vert, des hais limitant l’érosion des sols par le vent et les pluies.

    Ce projet d’aménagement écologique du square de Homberg, c’est un projet à hauteur de plus de quatre-vingt mille euros, dont les travaux ont été engagés en fin d’année 2024.

  • Bacalan, un quartier famille.

    A Bordeaux au centre de Bacalan, “la cité bleue” et les corps associatifs ont pour ambition de réunir la population des quartiers dans une étreinte soudée. Il s’agit d’une des 140 régies de quartiers solidaires français.

    Derrière l’imposant portail bleu, ce sont des hangars colorés aux toits en triangle et une buvette extérieure en bois qui se dressent sous la pluie. Sur la façade en pierres humides, deux panneaux. Celui d’un azur vif : “la cité bleue”, et le second, plus ancien et rouillé : “zone d’activité Achard, anciennement raffineries de bordeaux”.

    Ancienne zone d’activité industrielle, la cité bleue des quartiers de Bacalan se transforme peu à peu en une zone d’utilité commune. Depuis maintenant plus d’un an et demi, les employés, habitants et bénévoles s’unissent pour donner vie au site.

    Faisant partie des quelques 140 “régies de quartiers”, ces cités sont des lieux de rencontre mêlant associations et artisans, dans une ambiance de village fonctionnel.

    Stéphanie est médiatrice et responsable de liens sociaux : elle mêle les quartiers de Bacalan à la solidarité de la cité bleue, créant ce qu’elle appelle “l’identité bacalanaise”. Au total, ce sont 40 associations qui longent la rue Achards, où passe le tramway.

    La cité solidaire se revendique populaire et ouvrière, fidèle à son histoire où les employés revendiquaient le bleu de travail à l’ancienne usine de sucre.

    Les 80 habitants de la cité sont employés de la structure. “Tout le monde est employable” raconte Stéphanie. La cité est aussi une structure d’insertion professionnelle venant en aide à des réfugiés politiques ou personnes en grande difficulté. La cité a pour ambition de lever les freins et d’aider ceux en besoin.

    La cité propose des contrats de deux ans maximums touchant au travail communautaire, avec un suivi personnalisé : “quand on embauche, on pense déjà à l’après” déclare Stéphanie, le sourire aux lèvres.

    La cité bleue et les nombreuses associations locales s’unissent pour organiser des actions dans la vie Bacalanaise. Il s’agit d’ouvrir des écoles de quartiers, offrir des cours de langues pour les réfugiés immigrés ou bien faire livrer des courses aux personnes restreintes. “On va rentrer à l’intérieur, boire un café, discuter…on fait de la veille”.

    La cité bleue a son propre journal local : les habitants écrivent pour les habitants. Le journal est tiré à 7 000 exemplaires, touchant plus de 20 000 Bacalanais.

    Ce quartier-village organise ses propres événements sur la grande place Buscaillet. De grandes fêtes de noël, des fêtes de carnaval… tout le monde met la main à la pâte pour produire de la bonne humeur. Ainsi, bienvenu à la fête d’été “bacalafiesta”, ou encore la rencontre sportive “bacalaventure”.

    Pour Stéphanie, vivre solidaire, c’est “donner de l’amour dans ce que l’on fait.” Elle a foi dans l’humain. “Le souci de l’autre, c’est l’affaire de tous”.