Dans le milieu du sport automobile, plus spécialement en formule 1, se déroule actuellement au sein de la fédération internationale de l’automobile une enquête pour conflits d’intérêt potentiel. Le lancement de cette enquête amène un aspect politique à la formule 1, et fait répercutions à des problèmes existant depuis la création du sport. L’issue à cette affaire, se nommant désormais « l’affaire Wolff », pourrait bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase, ou bien entacher la réputation de la fédération internationale de l’automobile, déjà fortement critiquée.

« L’affaire Wolff » concerne alors deux personnages, le couple Wolff, formé de Toto Wolff, le directeur de l’écurie Mercedes en Formule 1, et sa femme Susie Wolff, directrice du championnat de la Formula 1 Academy, programme de promotion visant à la formation de pilote féminines.
Il s’agit alors d’introduire les différentes organisations et institutions gérant ces sports afin de mieux comprendre les sources de conflits et problématiques associées à l’affaire Wolff. Tout d’abord, la Formule un est gérée Par deux organismes : La FIA (la fédération internationale de l’automobile, et La FOM (la formula one management). La F1 Academy quant à elle n’est gérée exclusivement que par la FOM.
Qu’est-ce que la FIA, qu’est-ce que la FOM et comment le conflit perpétuel entre ces deux entités menaçant de s’écrouler refait surface dans cette affaire ?
La FIA, c’est la fédération internationale de l’automobile. Crée en 1904, elle est reconnue pour la gestion de la majorité des compétitions de courses automobiles se déroulant dans le monde. Mais la FIA comprend également l’automobile en général, comme les routes, la mobilité et la sécurité routière, en somme, l’automobile dans toute ses formes.
La FOM, c’est la Formula one management, mais aussi appelé FOG, formula one group, qui gère les droits de la formule 1, c’est à dire la promotion, la diffusion, le management, mais également l’aspect économique de la Formule 1, depuis 1981, mais l’activité existe sous un autre nom, la FOCA depuis 1970.
Alors, La FIA représenterait l’aspect sportif, avec ses règlements, et la FOM, le management, le business et le fonctionnement économique. Néanmoins, les deux entités sont en conflit perpétuels depuis leur création et ont du mal à fonctionner ensemble malgré de nombreux accords passés, et cela se fait sentir à travers l’affaire Wolff.
De sa création en 1950 jusqu’en 1972, la F1 n’était gérée que par la FIA, mais la fédération n’étant qu’à but non lucratif il est alors compliqué de contrôler l’aspect économique d’un sport se mondialisant et commençant à générer d’importants profit. La FIA préférait alors réinjecter l’argent dans l’organisation des courses, au lieu de le redistribuer aux écuries constructrices. Ces problèmes d’ordre économiques créent alors des nombreuses discussions, et abouti à la création de la FOCA, dirigée par Bernie Ecclestone étant patron d’écurie. FOCA sont les initiales de l’association constructrice en formule un, rassemblant grand nombre d’écuries alors inquiètes pour leurs fonds.
Les pouvoirs sont alors repartis, et c’est alors sous l’aile de Bernie Ecclestone que la FOCA exerce une grande pression sur la FIA, notamment sur l’économie, et des innovations techniques. Une inversion des rapports de force s’installe, ainsi que le début d’un schisme politique, entre le pouvoir sportif et le pouvoir économique en formule 1. Ce schisme se confirme par un accord tacite en 1975 entre les deux entités, prévoyant un partage des pouvoirs. La FOCA est alors libre de redistribuer les profits, ce qui ne plait pas à la FIA, qui se voit alors décrédibilisée. Ces constatations plongent alors la F1 dans un conflit entre la FIA et la FOCA, des discussions pour un championnat dissident organisé parallèlement par la FOCA ont eues lieu et ont été testées, résultant par un échec cuisant
Afin de calmer les tensions et conflits pour un sport plus uni, des accords officiels sont passées. Ces accords, ce sont les accords concordes, admettant le partage des pouvoirs entre la FIA, qui conserve toute autorité en matière sportive et réglementaire du point de vue exécutif et la FOCA se voyant récupérer l’exploitation commerciale des courses et droits télévisées. Les profits réalisés sont ensuite partagés, au bénéfice des écuries. Néanmoins depuis 1981, Huit versions des accords concorde ont été passés, relevant de la complexité des crises traversées. Bernie Ecclestone transforme alors le nom de FOCA en FOM, le formula management que nous connaissons actuellement. Il deviendra par la suite le vise président de la FIA en 1987, et possède alors un pouvoir quasi total sur le sport.
Ainsi, nous observons sous l’aire de Bernie Ecclestone des dynamiques évoluant constamment depuis des décennies, la divisions des écuries aidant grandement à sa prise de pouvoir. De nos jours, la situation est inversée, les écuries semblent soudées, ayant dû travailler ensemble lors de la crise sanitaire. De plus, les limites et redistribution équitable des budgets actuels ont pour visée de réduire les inégalités, amenant une compétition se voulant plus juste et équitable. Les coups bas ne sont d’actualité contrairement à l’ère d’Ecclestone, qui a connu notamment les affaires de Spygate en 2007 ou du Crashgate, en 2008. Ces deux drames résultant en plusieurs conseils internationaux et grosses sanctions.
Si ce genre de coup-bas était fréquent, ils sont supposés inexistant de nos jours. C’est alors que nous revenons à l’affaire Wolff, déterrant tout ce passé chargé et houleux, à deux doigts de la séparation.
Comme indiqué précédemment, le championnat de formule 1 est régulé par la FIA et la FOM, dont les dynamiques et rapports de forces évoluent. Tandis que la F1 Academy n’est gérée que par la FOM et le soutient des 10 écuries de F1. Toto Wolff est le directeur exécutant de Mercedes et en possède 33% des actions, il est ainsi lié à la FIA ainsi qu’au formula one management. Quant à Susie Wolff, épouse du précèdent cité, est nommée directrice exécutrice du championnat de la F1 acedemy par la FOM.
Alors, cette plainte de conflit d’intérêt serait à l’origine d’un ou de plusieurs directeurs d’écuries, suspectant des échanges d’informations normalement hors d’accès par voies habituelles. Idée étant que Toto Wolff aurait accès à des données et connaissance sur les activités de la FOM que les autres écuries rivales n’auraient pas, à travers le biais de Susie et de ses fonctions, tandis que cette dernière serait elle, informée de discussions entre directeurs d’équipe pouvant être utiles à la FOM.
Cet accès d’informations normalement indisponible peut ainsi être considéré comme conflit d’intérêt, puisque représente une situation d’interférence entre un intérêt public et un intérêt privé, qui pourrait mener à influencer un exercice, voir l’objet d’une fonction. Cette situation crée des inquiétudes quant à la possible communication de conversations soi-disant secrètes au niveau des chefs des responsables d’écuries, aux dirigeants de la F1. Il aurait été suggéré qu’un commentaire fait par Toto Wolff lors d’une récente réunion, aurait laissé échapper une information ne pouvant que provenir de la FOM, et cela aurait été le point de départ de la plainte et fait l’objet d’une enquête du Département Conformité de la FIA.
Néanmoins, la manière dont la FIA réagit face à cette affaire interroge la manière dont laquelle son président actuel, Mohammed ben Sulayem, dirige son institution ainsi que les risques pris amenant à se heurter de front aux écuries constituant son navire et la FOM. Cette année son attitude a été grandement controversée, à commencer par des propos sur la possible vente des droits de la F1, résultant à une lettre de la FOM, l’accusant d’interférer avec les intérêts du championnat du monde de F1. Il y a également eu une lutte politique pour l’appel à candidature de nouvelles écuries sur le plateau, contesté au sein du sport.
Nous pouvons sur les réseaux officiels de l’équipe Mercedes, lire le communiqué datant du 5 décembre fait le jour même de la plainte déposée, l’équipe déclarant « ne pas avoir reçu de communiqué du département conformité de la FIA à ce sujet, et qu’il est d’une grande surprise d’apprendre l’enquête à travers un communiqué disponible sur internet. » l’équipe déclare ensuite rejeter l’accusation, demandant transparence totale à la FIA et au département de conformité à propos des accusations et leur contenu. Ainsi Mercedes déclare avoir été avertie de l’enquête en même temps que le publique, témoignant de l’attitude du président de la FIA. La réponse de la FOM s’est fait entendre dès le lendemain, les 9 autres écuries constituant le plateau ayant publié sur leur réseaux le même et exact communiqué déclarant : « Nous affirmons n’avoir déposé aucune plainte envers la FIA concernant l’allégation de caractère confidentiel transmis entre un représentant d’écurie de formule 1, et un membre de la FOM. » Et réadressant leur soutien au programme de la F1 Academy ainsi qu’a Susie Wolff. Ainsi, ce support de la FOM et des écuries envers le couple Wolff est démontré, tandis qu’ils se trouvent être pointés du doigt par la fia.
Cette enquête témoigne d’une patience s’amenuisant des écuries et de la FOM, risques étant de voir revenir des problématiques passées. Cette affaire a suscité à de nouvelles discussions sur un championnat dissident, même si ne présentant encore rien de concret. Des points de crispations surviennent, remettant le rôle exécutif de la FIA en doute. Le couple Wolff et la F1 ont des raisons d’être contrariés par la manière dont leur réputation a été traînée dans la boue cette semaine, mais ils ne sont certainement pas les seuls à penser que la FIA doit s’améliorer.
Frederik vasseur, le directeur de l’écurie Ferrari a déclaré dans un article paru ce 17 décembre, « la manière dont a agi la FIA est embarrassante » Le Français voit cependant du positif dans cette affaire, félicitant le fait que les dix écuries aient su faire corps, et ayant su se serrer les coudes.
Ces manifestations de la part des écuries dites rivales amène à la FIA déclarant renoncer à l’enquête au bout de 48 heures, se déclarant alors « convaincu que le système de gestion de la conformité de la FOM est suffisamment fiable pour empêcher toute diffusion non autorisée d’informations confidentielles. »
Si cette affaire semble alors rapidement étouffée, cela à bien brassé les situations tendues entre les deux entités régissantes semblant en totale désharmonie, l’avenir du sport semble toujours instable du fait des conflits entre les deux intenses, le pouvoir inégalement réparti et semblant trouver peu d’accord, amenant un manque de cohérence. Cette entente dissidente à un impact sur le sport, voyant perdre une certaine crédibilité, au détriment de l’aspect sportif…
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