Bacalan, un quartier famille.

A Bordeaux au centre de Bacalan, “la cité bleue” et les corps associatifs ont pour ambition de réunir la population des quartiers dans une étreinte soudée. Il s’agit d’une des 140 régies de quartiers solidaires français.

Derrière l’imposant portail bleu, ce sont des hangars colorés aux toits en triangle et une buvette extérieure en bois qui se dressent sous la pluie. Sur la façade en pierres humides, deux panneaux. Celui d’un azur vif : “la cité bleue”, et le second, plus ancien et rouillé : “zone d’activité Achard, anciennement raffineries de bordeaux”.

Ancienne zone d’activité industrielle, la cité bleue des quartiers de Bacalan se transforme peu à peu en une zone d’utilité commune. Depuis maintenant plus d’un an et demi, les employés, habitants et bénévoles s’unissent pour donner vie au site.

Faisant partie des quelques 140 “régies de quartiers”, ces cités sont des lieux de rencontre mêlant associations et artisans, dans une ambiance de village fonctionnel.

Stéphanie est médiatrice et responsable de liens sociaux : elle mêle les quartiers de Bacalan à la solidarité de la cité bleue, créant ce qu’elle appelle “l’identité bacalanaise”. Au total, ce sont 40 associations qui longent la rue Achards, où passe le tramway.

La cité solidaire se revendique populaire et ouvrière, fidèle à son histoire où les employés revendiquaient le bleu de travail à l’ancienne usine de sucre.

Les 80 habitants de la cité sont employés de la structure. “Tout le monde est employable” raconte Stéphanie. La cité est aussi une structure d’insertion professionnelle venant en aide à des réfugiés politiques ou personnes en grande difficulté. La cité a pour ambition de lever les freins et d’aider ceux en besoin.

La cité propose des contrats de deux ans maximums touchant au travail communautaire, avec un suivi personnalisé : “quand on embauche, on pense déjà à l’après” déclare Stéphanie, le sourire aux lèvres.

La cité bleue et les nombreuses associations locales s’unissent pour organiser des actions dans la vie Bacalanaise. Il s’agit d’ouvrir des écoles de quartiers, offrir des cours de langues pour les réfugiés immigrés ou bien faire livrer des courses aux personnes restreintes. “On va rentrer à l’intérieur, boire un café, discuter…on fait de la veille”.

La cité bleue a son propre journal local : les habitants écrivent pour les habitants. Le journal est tiré à 7 000 exemplaires, touchant plus de 20 000 Bacalanais.

Ce quartier-village organise ses propres événements sur la grande place Buscaillet. De grandes fêtes de noël, des fêtes de carnaval… tout le monde met la main à la pâte pour produire de la bonne humeur. Ainsi, bienvenu à la fête d’été “bacalafiesta”, ou encore la rencontre sportive “bacalaventure”.

Pour Stéphanie, vivre solidaire, c’est “donner de l’amour dans ce que l’on fait.” Elle a foi dans l’humain. “Le souci de l’autre, c’est l’affaire de tous”.

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