Si Kimi Räikkönen se démarque par son mépris mêlé de nonchalance pour la presse, sa conduite n’en est pas moins incisive et tranchante. “Iceman” s’est rapidement imposé en Formule 1 comme l’un des grands de son sport. Entre coups d’éclat et poisse : sa longévité mêlée à son titre auront marqué l’histoire.
Brésil 2006. Le dernier grand prix du Baron Rouge, Michael Schumacher, est honoré par la légende du foot Pelé lors d’une présentation spéciale. Martin Brundle, ancien pilote et commentateur, part voir Kimi en lui disant qu’il a tout raté. Le rire dans la voix, le finlandais rétorque sans sourciller « Ouais j’étais en train de chier. ». Une poésie qui le caractérise particulièrement.
Un finlandais peut en cacher un autre
Räikkönen obtient son premier baquet chez Sauber en 2001, deux ans après ses débuts en monoplace en Formule Renault, signant 11 victoires en 14 courses. A cette époque, rares sont les jeunes pilotes promus en F1 : lui et Fernando Alonso bousculent tout à 21 et 19 ans.
Le finlandais obtient une Super Licence temporaire pour son premier grand prix, la FIA sceptique face à son manque d’expérience.
Une 6ème place et son premier point plus tard, elle devient permanente. Une première saison réussie fait que, pour 2002, McLaren voit en lui le parfait remplaçant de son camarade finlandais Mika Häkkinen, double champion du monde et grand rival du Kaizer.
Rien que ça.
Le succès oui, mais en mode difficile
Sa carrière fait un bond inattendu. S’il perpétue à merveille les coups de pression de son prédécesseur sur Michael Schumacher, il finira deux fois vice champion du monde.
Ses 5 saisons passées chez McLaren sont frustrantes: des performances impressionnantes, marquées par des voitures peu fiables.
La saison 2003 se veut médiocre pour McLaren : la nouvelle MP4-18 sera abandonnée. Il reprend le baquet de la vieillissante MP4-17B.
Il tente de sauver les meubles… pourtant c’est la saison de la révélation. Une régularité exceptionnelle mais une casse moteur au Nürburgring lui coûte le titre. Il finit second, à deux points d’un Schumi record.
2005. Folie au Japon: remonter de la 17ème à la 1ère place ne rattrapera pas une voiture capricieuse.
Fernando Alonso est titré devant Iceman, lui-même loin devant un Baron Rouge qui bât de l’aile.
2007, remplaçant le Kaiser il remporte à la surprise générale, le titre ultime dans un final époustouflant, devançant les pilotes McLaren Lewis Hamilton et Fernando Alonso d’un petit point. Ce titre reste à ce jour l’un des plus serrés de l’histoire et la dernière couronne pilote du Cheval Cabré.
”On dit qu’il est froid mais lorsqu’il a gagné le championnat, je l’ai vu pleurer.” Raconte Andrea Stella.
Juste un type détendu
Il fera une pause de 2 ans, direction le WRC avec Citroën mais toujours dans son style. Celui-ci voulait un iPad dans sa voiture sur les routes de liaison pour regarder des séries. Son passage fut un échec.
Il fit son retour en F1 avec Lotus en 2012 avec un système unique : 8 millions d’euros fixes par an puis un bonus de 50 000 euros PAR point marqué.
2 ans, 390 points, 36 millions d’euros et une quasi faillite de Lotus plus tard, il retourne chez les rouges en 2014.
349 Grand Prix plus tard, il trône à la troisième place des pilotes à la plus grande longévité. Il aura marqué de son empreinte la F1, même si ses stats ne rendent pas hommage à son talent.

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